Ecologie

Des tas de feuilles mortes encombrent la pelouse, ce qu’elles peuvent devenir plutôt que partir en sac

Gros tas de feuilles mortes posees sur la pelouse

Chaque automne, le même tableau se répète : la pelouse disparaît sous un tapis brun, le râteau chauffe et les sacs s’empilent près du portail. Pourtant, ces feuilles mortes sont l’une des meilleures matières organiques qu’un jardin puisse recevoir, et elles sont gratuites. Voici ce qu’elles peuvent devenir, comment les préparer et où trouver un coup de main si vous habitez à Alès.

Que faire des feuilles mortes plutôt que les mettre en sac ?

Quatre options valent mieux que le sac poubelle. Elles demandent peu de matériel et rendent au sol ce que les arbres lui ont pris pendant l’année.

Le paillis au pied des arbres, des arbustes et de la haie

C’est l’usage le plus direct. Étalez les feuilles d’automne en couche de 5 à 10 cm autour des arbustes, au pied de la haie et dans les massifs. Elles protègent les racines du gel, gardent l’humidité et limitent les mauvaises herbes. Au fil des mois, elles se décomposent et nourrissent le sol.

Le compost

Les feuilles mortes sont une matière dite « brune », riche en carbone. Mélangées à des matières « vertes » comme les tontes de gazon ou les épluchures de cuisine, elles équilibrent le compost et évitent qu’il ne devienne humide et malodorant. Un bac réservé uniquement aux feuilles donne, au bout d’un ou deux ans, un terreau léger proche de l’humus.

L’amendement du potager

Au potager, les feuilles broyées ou à demi décomposées servent d’amendement organique. Épandues sur les planches vides en fin de saison, puis laissées jusqu’au printemps, elles ameublissent la terre et attirent les vers de terre. Pour aller plus loin, la méthode des lasagnes de cartons et feuilles empile ces couches directement sur le sol. Le sol arrive au printemps plus souple et mieux nourri.

Les laisser sur place, mais au bon endroit

Le plus économique consiste à ne rien déplacer du tout, à condition que ce soit sous les arbres, dans les massifs ou en fond de jardin. Les insectes, les hérissons et de nombreux petits animaux y trouvent un abri pour l’hiver. Sur la pelouse, en revanche, la règle change, on y revient plus bas.

Paillis de feuilles : les repères à garder en tête

Comptez 5 à 10 cm d’épaisseur. Des feuilles entières mettent souvent plus d’un an à se décomposer, les feuilles broyées nettement moins. Les grandes feuilles coriaces (platane, chêne, noyer) sont les plus lentes : mieux vaut les broyer ou les mélanger à d’autres matières avant de les utiliser.

Broyer les feuilles pour mieux les valoriser

Une feuille entière a tendance à se plaquer et à former un feutre qui s’aère mal. Le déchiquetage change tout : en morceaux, elle se décompose plus vite, se tasse moins et se mélange mieux aux autres déchets verts. Le broyat obtenu fait un très bon paillis, et il prend beaucoup moins de place que le tas d’origine, comme le montre le cas des branches de haie broyées en paillis.

Pour ramasser, un simple râteau suffit sur un petit terrain. Un souffleur à feuilles ou un aspiro-souffleur fait gagner du temps sur les grandes surfaces, et certains modèles broyent en même temps qu’ils aspirent. Autre option très pratique : passer la tondeuse sur la pelouse feuillue. Si elle ramasse l’herbe, les feuilles hachées vont directement dans le bac, prêtes à rejoindre le compost.

Sans matériel, une astuce marche aussi : mettre les feuilles dans une grande poubelle et les passer au coupe-bordure. C’est bruyant, mais efficace pour de petites quantités.

Alès : des broyeurs à végétaux dans tous les quartiers du 19 au 29 octobre

Machine bleue broyant des branches au sol

Si vous n’avez pas de broyeur à végétaux, la ville d’Alès en met à disposition des habitants dans tous les quartiers, du 19 au 29 octobre. Les déchets verts sont acceptés de 8h à 17h, sans interruption. Le broyat peut être récupéré sur place pour le paillis ou le compost, ou laissé sur le site si vous n’en avez pas l’usage.

La tournée change d’adresse chaque jour. Voici le calendrier :

Jour Quartiers Lieu d’installation
Lundi 19Bruèges, CroupillacParking de l’avenue Jean-Philippe-Rameau
Mardi 20Clavières, ChantillyParking côté rue Jean-de-La-Fontaine, rue de la Glacière
Mercredi 21Tamaris540, rue du Docteur-Coulet
Jeudi 22Brésis, Prés-RasclauxParking du parc de la Tour-Vieille
Vendredi 23Secteur du Haut-BrésisChemin de Saint-Germain, côté chemin du Haut-Brésis
Lundi 26Le Rieu6, rue Georges-Brassens
Mardi 27Larnac1 977, chemin de Saint-Étienne
Mercredi 28Maladreries, Conilhères, Berenguery, Montée de SilholAvenue de Parenove, à hauteur du n° 358
Jeudi 29La Prairie, Promelles, faubourg du SoleilParking du stade Pibaro

Vous pouvez y apporter vos branches et vos feuilles, puis repartir avec un broyat prêt à étaler au pied de la haie. C’est une manière pratique de transformer un tas encombrant en paillis gratuit, sans passer par la déchetterie.

Ce qu’il ne faut pas faire : laisser une couche épaisse sur la pelouse

Garder les feuilles ne veut pas dire les abandonner sur le gazon. Une couche épaisse bloque la lumière et l’air, l’herbe s’étiole, la mousse s’installe et des zones jaunes apparaissent au printemps. Humides, les feuilles deviennent aussi glissantes sur les allées et les terrasses, ce qui n’est pas anodin.

Le bon réflexe est de ramasser régulièrement plutôt qu’une seule fois, quand tout est tombé. Une fine couche de feuilles hachées par la tondeuse ne gêne pas le gazon et se fond dans le sol. Au-delà, mieux vaut ramasser et déplacer le surplus vers les massifs ou le compost.

Autre erreur fréquente : brûler les feuilles. Outre la fumée et la gêne pour le voisinage, c’est en général interdit pour les déchets verts des particuliers. Cela prive en plus le jardin d’une ressource précieuse.

Quand tout garder n’est pas possible : collecte et surplus

Sacs de feuilles mortes devant un conteneur vert

Certains jardins reçoivent beaucoup plus de feuilles qu’ils ne peuvent en absorber, surtout avec de grands arbres, ou ceux du voisin qui dépassent chez vous. Dans ce cas, le surplus peut aller à la déchetterie ou dans la collecte des déchets verts de votre commune, quand elle existe. Les règles varient d’une ville à l’autre, mieux vaut vérifier les jours et les conditions auprès de votre mairie.

Gardez ces solutions en dernier recours. Avant d’y recourir, essayez d’abord de répartir les feuilles : un peu sous chaque arbuste, un tas au fond du jardin, un bac à compost. Il reste souvent bien moins à évacuer qu’on ne l’imagine, et le sol en profitera pendant tout l’hiver.

Passionnée d’écologie et de climat, Murielle traduit les rapports scientifiques et les données publiques en conseils clairs pour agir chez soi, au travail et dans sa commune.

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Article publié par la rédaction de L'Ecologie pour Tous.

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