Vous passez devant un pommier au coin d’une rue et vous vous demandez si vous avez le droit d’en croquer un fruit. À Angoulême, la question se pose de plus en plus, et la réponse tient en quelques mots : oui, ces arbres sont faits pour ça.
Treize vergers publics où cueillir gratuitement à Angoulême
La ville compte déjà treize vergers publics, répartis dans plusieurs quartiers. Ils fonctionnent sur le principe de la cueillette libre : pas d’inscription, pas de tarif, pas de créneau. Les habitants se servent, tout simplement, et repartent avec leur panier.
Parmi les sites cités par la municipalité, on trouve celui de la rue Pierre-Aumaître et celui de la rue d’Alexandrie. Le verger du quartier de Saint-Martin, lui, est l’un des plus récents dans les esprits des riverains. L’ensemble est repérable sur la carte interactive du site de la mairie d’Angoulême.
Adresses : la carte de la mairie fait foi
Seuls deux sites sont nommés ici, car la liste complète des treize se consulte sur la carte interactive de la ville. Avant de partir avec un panier, vérifiez-y l’emplacement exact du verger le plus proche de chez vous.
Quels fruits peut-on ramasser, et où les trouver
Les vergers de la ville réunissent des pommiers, des noisetiers et d’autres arbres fruitiers. On y ramasse des poires, des noix, des cerises et des pommes. Chaque site a sa composition, ce qui explique qu’on ne trouve pas la même chose partout.
La récolte dépend évidemment des fruits de saison. Beaucoup d’arbres sont encore jeunes, et ils n’ont pas tous atteint leur pleine production. Il faut donc s’attendre à des cueillettes modestes dans certains vergers, et à plus de générosité dans les années qui viennent.
À Saint-Martin, des arbres encore jeunes mais déjà adoptés
Yann Henry vit dans le quartier depuis trois semaines seulement. En rentrant de l’école avec ses enfants, il se demandait s’il pouvait cueillir les fruits des arbres plantés sur le bout de terre voisin de sa maison. Quand il a appris qu’il pouvait remplir son panier comme il le voulait, il a été ravi : « C’est une excellente idée. Je préfère voir des fruitiers plutôt que des maisons sur ce terrain fertile. »
Les arbres sont encore petits, alors il attend la saison prochaine pour vraiment se lancer. Du côté des habitants installés de longue date, l’appropriation se fait aussi. Christian Chamoulaud, né dans le quartier, observe qu’entre 18 et 20 heures, des voisins se retrouvent dans le square devant chez lui. Qu’ils ramassent ou non les fruits des noisetiers et des pommiers, ces arbres lui semblent utiles : « Cela permet de diversifier les essences, ça fait de l’ombre l’été et cela aide le quartier à bien vieillir. »
Une cueillette libre, mais qui demande du respect

Libre ne veut pas dire sans règle de bon sens. Rue des Cressonnières, Josette regrette que des fruits soient parfois ramassés avant d’avoir eu le temps de mûrir. L’an dernier, elle a malgré tout pu se régaler d’une poignée de groseilles, mais elle sait que le risque existe chaque saison.
Le réflexe à adopter est simple : attendre que le fruit soit mûr, ne prendre que ce dont on a besoin et laisser les branches intactes. Un verger public appartient à tout le monde. Si chacun vide un arbre d’un coup, les voisins n’ont plus rien à cueillir, et les arbres peinent à s’installer.
Des terrains gratuits pour créer son propre potager
La démarche ne s’arrête pas aux arbres. La ville recense actuellement les terrains non bâtis et non constructibles pour les proposer gratuitement aux habitants. L’objectif affiché : que chacun puisse avoir un potager de proximité, à côté de chez lui. Comme le résume Pascal Monier, adjoint à l’urbanisme : « L’idée est de proposer ces terrains gratuitement. »
L’élu parle de « pépites communales non affectées », certaines presque oubliées sous les broussailles, notamment du côté de la rue du Capitaine-Favre. À Bourgine, des citoyens ont déjà demandé à investir un terrain pour en faire un potager. Deux conditions s’imposent toutefois : un point d’eau et un espace pour ranger le matériel. Et parfois, la ville laissera le terrain vierge pour favoriser la biodiversité.
Jardins ouvriers et jardins partagés : les autres options
Ces parcelles gratuites représentent une autre version des jardins ouvriers. Ces derniers sont encadrés par un règlement défini par la commune, et leur location coûte 30 euros. Il existe aussi les Jardin’Spirées, des espaces collectifs où la production alimentaire passe parfois après la vocation éducative ou écologique (pour un exemple concret, voir une matinée de plantation en jardin partagé).
Un mot sur les bacs à fleurs de la ville : cet été, les habitants pouvaient y récolter des aubergines, des tomates, du basilic, des poireaux ou des poivrons. Cette expérience, menée par les jardiniers municipaux et peu annoncée, ne sera pas reconduite. Les agents des espaces verts préfèrent miser sur les fleurs, dans l’espoir de conserver quatre fleurs au concours des villes fleuries en 2027.
Comment en profiter dès maintenant

Ouvrez la carte interactive de la mairie, repérez le verger le plus proche et allez-y à pied avec un panier. Repassez à plusieurs moments de la saison pour voir où en sont les fruits. Si l’idée d’un potager vous attire, la démarche est encore en construction : renseignez-vous auprès de la ville pour savoir quels terrains seront proposés près de chez vous.
Dans les deux cas, le principe reste le même : un verger libre se partage. Prenez ce qui est mûr, laissez le reste aux autres, et revenez la semaine suivante.





