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Sept plantes de votre jardin attirent les frelons asiatiques, et vous ne vous en doutez peut-être pas

Frelon asiatique butinant une fleur violette au jardin

Vous surveillez vos rosiers, vos tomates, votre pelouse. Et pendant ce temps, le lierre du mur ou le figuier du fond du jardin servent peut-être de restaurant à ciel ouvert au frelon asiatique.

Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) est arrivé accidentellement en France au début des années 2000. Il occupe aujourd’hui la quasi-totalité du territoire. Un seul nid de frelons, caché sous un toit, dans une haie ou dans un arbre, peut réunir jusqu’à 10 000 individus à la fin de la saison. Pourquoi certains jardins sont-ils pris d’assaut quand d’autres restent tranquilles ? La réponse tient en grande partie à ce que vous y cultivez.

Les 7 plantes qui attirent les frelons asiatiques dans votre jardin

Voici d’abord les coupables les plus fréquents, avec le moment de l’année où ils posent le plus de problèmes.

Plante Ce qui attire Période sensible
Lierre en fleursNectar et proies venues butinerAutomne
FiguierFigues tombées qui fermententMaturité des fruits
VigneRaisin fendu ou très sucréFin d’été
PlaqueminierFruits très odorantsFruits mûrs, quand les autres ressources se raréfient
Prunier, poirierFruits abîmés au solPériode de récolte
BuddleiaButineurs à chasserFloraison, jusqu’en fin de saison
Fleurs nectarifèresEffluves marquésFloraison

Le lierre en fleurs, le « bar à sucres » de l’automne

Sa floraison tardive arrive quand beaucoup d’autres plantes ont fini. Le lierre en fleurs offre alors du nectar en abondance, et les abeilles, papillons et autres insectes qui viennent s’y servir deviennent des proies faciles. Le frelon y trouve donc le sucre et les protéines au même endroit.

Figuier, vigne, plaqueminier : la tentation des fruits sucrés

Les figues non récoltées finissent par tomber. Les figues tombées fermentent, et leur odeur d’alcool et de sucre attire massivement les frelons. Même scénario pour la vigne, dont le raisin fendu ou gorgé de sucre est une source de nourriture privilégiée en fin d’été. Le plaqueminier joue sur un autre registre : ses fruits très odorants à maturité attirent l’insecte à une période où les ressources deviennent rares.

Prunier, poirier et tous les arbres fruitiers

Le prunier et le poirier n’ont rien de particulier. Ce sont leurs fruits abîmés restés au sol qui se transforment en buffet en libre-service. Le problème vient moins de l’arbre que de ce qu’on laisse dessous.

Buddleia et fleurs nectarifères : l’embuscade

Le buddleia, surnommé « l’arbre aux papillons », rassemble une foule de butineurs. Le frelon s’y met à l’affût pour chasser. Il fréquente aussi les plantes nectarifères comme le tournesol, le cosmos, le souci, le bleuet ou le néflier du Japon, attiré par leurs effluves.

Pourquoi ces plantes attirent le frelon : odorat, sucre et fermentation

Le frelon asiatique se guide au nez. Il cherche du sucre pour se nourrir et des protéines pour nourrir sa colonie. Les nectars parfumés, la sève qui coule de certains arbres comme le chêne ou le saule pleureur, et les odeurs de fermentation sont donc ses meilleurs repères.

Idée reçue : les fleurs colorées n’y sont pour rien

Les couleurs vives des pétales n’attirent pas le frelon. Ce sont le parfum du nectar, le sucre et les odeurs de fermentation qui comptent. Une fleur très colorée mais peu odorante pose moins de problème qu’un fruit tombé qui macère au soleil.

Les conséquences dépassent le simple désagrément. En capturant les pollinisateurs en plein vol, devant les ruches ou sur les fleurs, le frelon affaiblit les colonies d’abeilles domestiques, déjà fragilisées par les pesticides. Pour les habitants, un nid proche augmente le risque de piqûres multiples, avec des réactions allergiques graves possibles.

L’eau joue aussi un rôle. Piscine, fontaine ou récupérateur d’eau : l’insecte y boit et s’en sert pour bâtir son nid. Un jardin qui cumule fruits sucrés et point d’eau accessible coche donc beaucoup de cases.

9 gestes pour réduire l’attractivité de votre jardin

Jardin propre avec pelouse tondue et compost couvert

Inutile d’arracher vos plantations. Quelques habitudes ciblées suffisent à réduire nettement la présence de l’insecte.

  1. Ramassez chaque jour les fruits tombés pour stopper la fermentation.
  2. Récoltez les fruits mûrs directement sur l’arbre, dès qu’ils sont prêts.
  3. Taillez le lierre avant sa floraison d’automne.
  4. Remplacez le buddleia par des espèces locales moins nectarifères en fin de saison.
  5. Éloignez arbres fruitiers et vignes des zones de passage et des jeux d’enfants.
  6. Couvrez les points d’eau (récupérateurs, bassins) avec des filets ou des couvercles.
  7. Ne laissez pas de nourriture dehors : boissons sucrées, restes de repas.
  8. Nettoyez les déchets verts, les tas d’herbe et les composts à ciel ouvert.
  9. Parcourez régulièrement les abords du jardin pour repérer tôt les ébauches de nids.

Les deux premiers gestes sont les plus rentables. Un fruit cueilli à temps ne fermente pas au sol, et le frelon n’a plus de raison de s’attarder sous votre figuier ou votre vigne.

Quelles plantes privilégier et quelles précautions adopter

Côté plantations, le principe est simple : misez sur des espèces locales moins nectarifères en fin de saison, surtout là où vous passez souvent. Si vous gardez un arbre fruitier ou une vigne, placez-les loin de la terrasse, de la table de jardin et des aires de jeux. Vous profitez de vos fruits sans partager l’espace avec les insectes qu’ils attirent.

Pensez aussi à l’entretien global. La taille des haies et le nettoyage des abords permettent de repérer un début de nid avant qu’il ne grossisse. Un nid de frelons découvert tôt reste bien plus facile à gérer qu’une colonie de plusieurs milliers d’individus à l’automne.

Enfin, ne vous approchez jamais d’un nid. Les piqûres multiples sont le vrai danger, surtout pour les personnes allergiques. Si vous en repérez un, signalez-le et laissez faire un professionnel plutôt que d’intervenir vous-même.

En changeant la gestion de vos espaces verts, vous gênez l’implantation du frelon asiatique tout en préservant la biodiversité locale. Vos plantes peuvent rester, c’est votre façon de les entretenir qui fait la différence.

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Article publié par la rédaction de L'Ecologie pour Tous.

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