Quelques nuits à -2 °C, des tiges qui noircissent, une jardinière qui fait triste mine : sur beaucoup de balcons, tout part au container. Pourtant, ces plantes encore vertes auraient très bien pu repartir au printemps. Voici comment éviter ce gâchis, étape par étape.
Pourquoi ne pas jeter ses géraniums en octobre : une plante qui se met au repos
Racheter de quoi fleurir un balcon coûte entre 80 et 100 € chaque année. Garder ses pieds d’une saison à l’autre change donc le décor, mais aussi le budget. Et c’est tout à fait possible.
Les « géraniums » de balcon sont en réalité, le plus souvent, des pélargoniums : Pelargonium zonale (les classiques dressés) ou Pelargonium peltatum (les lierres retombants). Ce sont des vivaces venues de climats doux. Gardés au frais, avec racines et tiges principales préservées, ils entrent dans une sorte de pause. Octobre n’est donc pas le mois de la poubelle, mais celui de la mise au repos.
Avant les premières gelées : le bon moment pour rentrer les géraniums
La date ne se lit pas sur le calendrier, mais sur le thermomètre. Dans le Nord-Est, les premières gelées en plaine arrivent en moyenne début octobre, parfois dès fin septembre. Dans les régions centrales, elles tombent plutôt entre fin octobre et novembre.
Sous 0 °C, les tissus gorgés d’eau éclatent et le pied dépérit. Un pélargonium peut encaisser un froid bref jusqu’à environ -4 °C dans un climat doux, mais c’est jouer à la loterie. La règle est simple : on rentre les pots avant les premières gelées, jamais après.
Tailler, nettoyer, puis arroser très peu : le protocole d’hivernage

Sécateur en main, on raccourcit franchement les tiges. On garde environ 10 à 20 cm, soit autour d’un tiers de la hauteur. On retire aussi les fleurs fanées, les boutons et les feuilles jaunies ou malades, pour limiter les risques de botrytis. Cette taille se fait avant de mettre les pots à l’abri.
Ensuite, le piège, c’est de continuer à arroser comme en été (à lire aussi : arrosage d’octobre, pas comme en été). Pendant son repos hivernal, le pélargonium demande très peu d’eau : un petit verre toutes les 3 à 4 semaines, ou un arrosage mensuel si le local est vraiment frais. Trop d’humidité, surtout au chaud, attire les aleurodes et les champignons, et la pourriture s’installe. Un substrat légèrement sec aide au contraire la plante à tenir.
Petit verre toutes les 3 à 4 semaines : le réflexe d’arrosage
Mieux vaut un pot un peu sec qu’un pot détrempé. Si le local est frais, espacez encore. En cas de doute, attendez : un pélargonium au repos se remet d’un manque d’eau bien plus souvent que d’un excès.
Où entreposer ses géraniums en hiver : local, luminosité et température
Il leur faut un endroit hors gel, frais et lumineux, entre 6 et 15 °C. Une véranda non chauffée, un garage avec fenêtre, un cellier lumineux ou une cave claire font l’affaire. La croissance s’arrête, et c’est normal.
En appartement, l’erreur classique consiste à rentrer les pots dans un salon chauffé à 19 ou 20 °C, un piège que l’on retrouve aussi dans les erreurs en rentrant une plante d’intérieur. La lumière hivernale y est faible, la plante s’épuise et les aleurodes comme le botrytis s’en donnent à cœur joie. Mieux vaut une cage d’escalier lumineuse non chauffée, ou une chambre d’appoint maintenue vers 12 °C.
Une fois installés, passez les voir régulièrement. Retirez les parties noires ou moisies, ôtez les feuilles tombées et surveillez les aleurodes. Un pied vraiment atteint se jette, pour protéger les autres.
Géraniums racines nues : la méthode pour gagner de la place
Quand l’espace manque, inutile d’entasser les jardinières. Entre octobre et novembre, dès que les nuits frôlent 0 °C, on rabat les tiges à 10 ou 15 cm et on enlève feuilles et fleurs fanées. On déterre ensuite les plantes de pleine terre, ou on les dépote.
La motte est secouée, sans laver les racines, puis laissée sécher deux jours à l’ombre. Chaque pied part alors dans un sac en papier ou une boîte en carton, fermé grossièrement. Le tout se range dans un local frais, sec et aéré, autour de 10 à 15 °C.
La routine mensuelle reste légère : ouvrir les sacs, retirer les débris, palper les tiges et couper ce qui noircit ou moisit. Si la plante paraît trop sèche, un bref trempage suivi d’un retour au sec suffit.
Sortir les géraniums au printemps et relancer la floraison

On sort les plantes de leur abri environ 6 à 8 semaines avant le dernier gel moyen, souvent entre fin février et mars. On nettoie, on raccourcit légèrement tiges et racines, puis on fait le rempotage dans un terreau préalablement humidifié.
De jeunes pousses apparaissent en 7 à 14 jours. Après quelques semaines d’endurcissement, les jardinières retrouvent le balcon vers la mi-mai, bien plus fournies que des plants neufs.
| Période | Geste à faire |
|---|---|
| Fin septembre à novembre | Surveiller le thermomètre, tailler, nettoyer, rentrer les pots avant le gel |
| Hiver | Arrosage minimal, contrôle mensuel, retrait des parties noires ou moisies |
| Fin février à mars | Sortir de l’abri, nettoyer, raccourcir, rempoter |
| Avril à mi-mai | Reprise des pousses, endurcissement, retour sur le balcon |
Un plan B si le local est trop chaud ou trop petit
Si vous craignez de ne pas pouvoir offrir les bonnes conditions, le bouturage permet de garder des plants de secours. Mieux vaut y penser avant que les tiges ne soient abîmées par le froid. Avec un ou deux pieds sauvés, la jardinière de l’an prochain est déjà en bonne voie.
Au final, l’hivernage demande peu : une taille, un local frais et un arrosage presque oublié. En échange, vos géraniums repartent plus vigoureux, et votre budget fleurs de printemps fond.





